Mildiou Pomme de terre : 9 Solutions pour lutter contre cette maladie

Mildiou Pomme de terre : 9 Solutions pour lutter contre cette maladie

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Le mildiou de la pomme de terre peut anéantir jusqu’à 80% des récoltes, si on le laisse se développer.

C’est pour cette raison que chaque année, les agriculteurs redoutent l’apparition de ce champignon.

Le problème, c’est que les conditions favorables à l’apparition du mildiou sont très faciles à rassembler.

 

Les conditions climatiques propices au mildiou arrivent chaque année

Les étés orageux sont le foyer parfait pour que cette maladie cryptogamique se développe. Une forte hygrométrie (supérieure à 80%) et des températures élevées, entre 10°C et 25°C, suffisent. Les feuilles seront humides. C’est là que les spores du Phytophthora infestans vont pouvoir germer et infecter la plante en toute simplicité.

Le vent est aussi un facteur important. Il va disperser les spores tout autour des foyers déjà infestés. Le mildiou s’étend plus vite à cause de lui.

 

Même l’hiver ne vient pas à bout du mildiou

Le mildiou se conserve très bien. Il se conserve sur les pommes de terre, sur les débris de plantes qu’on laisse sur place. Il peut également se conserver dans le sol. Il sera présent dès le début de la saison prochaine pour attaquer la prochaine culture.

Le développement fulgurant du mildiou sur les pommes de terre

Sur les feuilles de vos pommes de terre, vous commencerez à voir apparaître des taches brunes auréolées de vert plus pâle. Rapidement, ces tâches vont se dessécher en leur centre. De plus, vous verrez un duvet blanc se développer sur la face intérieure des feuilles.

Des taches brunes vont aussi apparaître sur les tiges de vos pommes de terre. Si le mildiou arrive trop tôt, ces taches noires sur les tiges tueront les jeunes plants.

Malheureusement, les tubercules peuvent aussi être touchés. Des tâches commenceront rapidement à pourrir.

Alors, même si vous n’êtes pas un professionnel, vous pouvez être touché par cette maladie très agressive.

Et quand ça arrive, on peut se retrouver désemparé.

 

Que faire quand le mildiou attaque mes pommes de terre ?

Comme vous le savez sûrement, le cuivre est le produit le plus efficace pour lutter contre cet oomycète. La bouillie bordelaise, à base de cuivre, est très simple à réaliser.

Il suffit de mélanger :

  • 10 litres d’eau
  • 100 grammes de chaux éteinte
  • 130 grammes de sulfate de cuivre

Et vous avez à disposition des litres de bouillie bordelaise. Vous pouvez traiter vos pommes de terre en aspergeant sur les feuilles chaque semaine ce produit.

Le problème, c’est que la bouillie bordelaise est toxique. Toxique pour les champignons, les mauvais … comme les bons. Il détruit, au fil des années, la vie de votre sol. Chaque année, votre sol devient toujours plus pauvre.

Je ne jette pas la pierre sur celles et ceux qui l’utilisent, ce serait trop facile. Il suffit d’une seule année où l’on perd toute sa récolte pour avoir un œil différent sur la bouillie bordelaise.

Néanmoins, j’aimerais vous proposer dans la suite de l’article des solutions préventives efficaces, qui pourraient vous donner l’occasion de mettre la bouillie bordelaise de côté.

Par contre, il y a une mode qui est à contre-courant des traitements toxiques comme la bouillie bordelaise. Il s’agit du jardinage du non-agir.

Cela consiste à laisser faire la nature. 

Si Dame Nature décide que le mildiou doit se développer, alors il se développera. Mais ce n’est pas grave ! Car la nature est robuste, et elle préfère les pommes de terre aux champignons ! Donc, dès l’année prochaine, elle va doter la terre de bactéries puissantes qui détruiront le mildiou. 

Si vous plantez des tubercules qui ont résisté à l’attaque du mildiou de l’année précédente, c’est la même chose ! Vous aurez ensuite des plantes résistantes, et le mildiou n’aura d’autre choix que d’aller dans les grands champs de monoculture de pomme de terre qui détruisent les sols à coût de labour et de produits chimiques !

Ah ! Que la nature est bien faite.

Pourtant, il y a plus de 150 ans, les agriculteurs cultivaient de manière naturelle. 

Alors, pourquoi le mildiou a-t-il détruit des centaines de milliers d’hectares de culture de pomme de terre en Europe ? Pourquoi est-ce qu’il a été à la base de la famine irlandaise, qui a provoqué plus d’un million de morts ? Surtout qu’en Irlande, le mildiou a décimé des cultures entières pendant plusieurs années d’affilée.

Le non-agir a été joué à son paroxysme, car personne ne savait ce qu’était le mildiou à l’époque. Et la nature a choisi le mildiou, et non pas les pommes de terre.

Ce que je veux vous montrer, c’est que les extrêmes ne sont jamais bons.

Personne n’a encore trouvé comment tuer le mildiou, sans détruire en même temps la nature. 

Si vous voulez avoir un jardin potager vivant et le plus naturel possible, il faut vous concentrer sur des méthodes préventives avant tout. 

L’objectif, c’est de :

  1. supprimer les conditions propices au développement du mildiou
  2. en cas d’attaque, le ralentir au maximum afin de pouvoir récolter

 

Comment lutter contre le mildiou de la pomme de terre ? 9 Solutions

1/ Des tubercules en bonne santé (les étiquettes bleues)

Les étiquettes bleues se trouvent sur les paquets que vous achetez dans votre jardinerie. C’est un passeport phytosanitaire. Cette étiquette certifie que les pommes de terre que vous achetez sont saines. Ce qui signifie que vous n’allez pas importer le mildiou dans votre jardin à cause de vos semences.

En plus de cette sécurité, il est intéressant de choisir des variétés de pommes de terre résistantes.

 

2/ Des variétés de pommes de terre plus résistantes au mildiou

une variété de pommes de terre résistante ne veut pas dire qu’elle ne sera pas attaquée.

Cela signifie qu’elle sera plus résistante. En moyenne, une variété de pommes de terre résistante verra la maladie se déclarer une à deux semaines plus tard, pour des conditions climatiques équivalentes.

Ce laps de temps peut être suffisant pour récolter. Surtout si on respecte les traitements naturels que l’on va voir en fin d’article.

J’ai trouvé ces variétés qui sont dites plus résistantes :

  • Passion
  • Tentation
  • Sarpo-Mira
  • Maïwen
  • Kelly
  • Margod
  • Apollo
  • Bondeville
  • Désirée
  • Eden

Il doit bien sûr en avoir d’autres. Dites-nous dans les commentaires les variétés résistantes que vous connaissez.

 

3/ Cultivez plusieurs variétés et différents niveaux de précocité

Tout comme les tomates, les pommes de terre ont des niveaux de précocité différents.

Une pomme de terre peut arriver à maturité en 80 jours, comme la variété Jeannette. C’est une variété (très) précoce.

Tout comme une autre variété de pommes de terre peut arriver à maturité en 145 jours (maximum), comme la variété Désirée. C’est une variété tardive.

Entre ces deux extrêmes, vous trouverez :

  • Les variétés précoces : 90 jours pour arriver à maturité
  • Les variétés semi-précoces : 110 jours pour arriver à maturité
  • Les variétés semi-tardives : 120 jours pour arriver à maturité

L’intérêt de cultiver plusieurs variétés et des niveaux de précocité différents, c’est que vous augmentez vos chances de récolter.

Si le mildiou attaque tôt, peut être que vous allez quand même pouvoir récolter vos pommes de terre très précoces.

Vous allez aussi pouvoir observer les variétés qui résistent le mieux dans votre potager.

 

4/ Privilégiez un grand espacement

Ce conseil peut sembler insensé. Après tout, il suffit qu’il y ait du vent pour que le mildiou se propage à 50km aux alentours.

Mais n’oubliez pas, il faut aussi que le temps soit humide et chaud pour que les spores puissent germer.

Par contre, une fois germés, ils n’auront aucun mal à se propager d’une plante à une autre, si celles-ci sont collées !

De plus, espacer vos plants va permettre à l’air de circuler plus librement, et donc de diminuer l’humidité sur les feuilles de vos pommes de terre.

C’est pour cette raison que, si vous en avez la possibilité, espacez vos plants bien plus que ce qui est préconisé (30cm en temps normal).

Si vous n’avez ni l’envie ni la place pour avoir un espacement super large, alors je vous encourage à suivre le conseil sur la protection contre l’humidité.

 

5/ Sarclage régulier

Dans la continuité du conseil précédent, sarcler va permettre d’aérer vos plants, augmenter la circulation de l’air, et diminuer le taux d’humidité.

Pour rappel, le sarclage, c’est enlever les mauvaises herbes.

 

6/ Mettez en place une protection contre l’humidité

La protection contre l’humidité est sans doute le conseil le plus important.

Protéger vos plants de pommes de terre contre l’humidité, c’est diminuer drastiquement les chances d’attraper une maladie.

Si vous avez la possibilité de cultiver sous serre, c’est l’idéal.

Sinon, il existe des tunnels de forçage, qui sont plus accessibles.

Ce sont des petits tunnels qui font souvent 60 cm de large, à longueur variable, que vous pouvez directement planter au-dessus d’une de vos planches de culture. Si vous choisissez cette option, pensez à choisir un modèle qui fait environ 50cm de hauteur afin que vos plantes puissent se développer sans encombre.

L’avantage est triple :

  • ce tunnel sert de serre : vous réchauffez davantage son contenant, donc vous pouvez cultiver plus tôt
  • vous protégez vos plants de pommes de terre de la pluie : vous supprimez les conditions qui permettent l’apparition du mildiou
  • ces petits tunnels sont une barrière contre les spores du mildiou : vous ajoutez une protection supplémentaire entre vos plantes et le mildiou

 

7/ Un arrosage adapté à la fragilité de cette culture

L’arrosage adapté consiste à ne pas arroser les feuilles.

Avec votre tuyau d’arrosage, ou avec votre arrosoir, visez directement la terre.

Idéalement, installez un système de goutte à goutte qui permettra de n’arrosez que la terre, et dans de bonnes proportions.

 

8/ Utilisez des alternatives naturelles à la bouillie bordelaise

Tout comme j’ai beaucoup insisté sur la tomate, je vais faire la même chose ici.

Traiter vos plantes peut fortement limiter l’apparition, voire la propagation du mildiou. Les décoctions que je vais lister (la liste n’est pas exhaustive, dites-moi en commentaire ce que j’ai oublié) ont des propriétés antifongiques.

Plus précisément, ils ont des propriétés fongistatiques. Ce qui signifie qu’ils sont capables d’empêcher le développement des champignons.

Voici les traitements que vous pouvez effectuer, chaque semaine, en préventif :

  1. Infusion de sauge
  2. Romarin à Cinéole
  3. Bicarbonate alimentaire
  4. Décoction d’ail
  5. Décoction de Prêle
  6. Décoction de Consoude
  7. Purin d’ortie

 

9/ Mettez en place une rotation de culture

La rotation de culture est moins en vogue en ce moment.

On préfère parler de plantes compagnes qui vont limiter les attaques de mildiou.

Je m’intéresse fortement à ce principe de compagnonnage.

Néanmoins, je ne suis pas sûr que ce soit une raison pour dénigrer la rotation de culture. Le principe de rotation est encore effectué aujourd’hui par des maraîchers professionnels renommés et respectés dans le monde professionnel.

Elle reste un outil efficace que nous pouvons utiliser pour lutter contre le mildiou. Mildiou qui, je le rappelle, peut hiverner tout l’hiver sur une planche de culture.

Donc, prenez le temps de changer la parcelle de culture de la pomme de terre.

Nous en avons fini avec les 9 façons de lutter contre le mildiou de la pomme de terre. 

Il y a certaines questions que vous vous posez peut-être. Je vais tenter d’y répondre dans les lignes qui suivent.

 

 

Quand traiter les pommes de terre contre le mildiou ?

Vous pouvez commencer à traiter vos pommes de terre dès le début du printemps. Chaque semaine, vous pouvez asperger sur les feuilles de vos pommes de terre la décoction de votre choix.

Vous pouvez traiter le matin ou le soir.

Mais, sachez que le matin est mieux pour 2 raisons. 

D’abord, car la décoction va avoir toute la journée pour s’imprégner et sécher.

La seconde,  c’est qu’en plein été, le feuillage devient plus résistant et sera moins enclin à absorber votre traitement. Donc, le soir, la décoction aura plus de mal à faire effet.

 

Mildiou pomme de terre : faut-il couper les fanes ?

Oui, vous pouvez couper les fanes. 

Mais, il faut que le développement des tubercules soit avancé. Car si rien n’est développé … vous ne récolterez rien.

Si vos tubercules arrivent à maturité d’ici 2 à 3 semaines, vous pouvez couper les tiges à ras. Puis, attendez environ 20 jours. Les pommes de terre devraient être mûres.

Pour en être sûr.e, arrachez un pied. Si la plante s’arrache, mais que les tubercules restent en terre, alors vous pouvez récolter.

 

Y a-t-il un traitement curatif contre le mildiou de la pomme de terre ?

Non.

En tout cas, aucun produit non toxique ne permet d’éradiquer le mildiou.
Quand il est là, le seul objectif, c’est de ralentir fortement son expansion.
Au lieu de faire 1 traitement par semaine, passez à un traitement par jour.

 

—–

 

Vous avez maintenant en votre possession l’ensemble des actions à effectuer pour lutter efficacement contre le mildiou de la pomme de terre.

Comme vous l’aurez compris, le plus grand travail avec cette maladie, c’est la prévention.

Alors, concrètement, faut-il tout mettre en application ?

Pas forcément.

Déjà, ça dépend de votre emplacement. Dans le Sud, vous aurez peu de risques d’avoir le mildiou. Quelques décoctions pourront peut-être suffire.

Par contre, si vous avez déjà eu le mildiou, vous savez que ce peut être une horreur.Dans ce cas, peut-être que vous allez vouloir mettre en place le maximum d’actions préventives en place.

Dans mon cas, je vais surtout privilégier les petites serres de forçage avec un mélange des variétés. Je ferais aussi les décoctions, mais je ne respecterais pas forcément l’espacement, car je protégerais mes pommes de terre de l’humidité.

En tout cas, vous avez les 9 meilleures actions préventives à votre disposition.

Lesquelles allez-vous implémenter cette année ?

En attendant, téléchargez la fiche résumée de cet article.

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